Intempéries

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Ça ne peut pas faire de mal... d'en parler !

Sans minimiser l'effet désastreux du "progrès humain" sur le climat, nous ne devons pas oublier que le temps météorologique n'a jamais été stable… Même pas à Chamoux !
Voici donc quelques notes relevées au fil des recherches: pour rester réalistes? Pour nous consoler à la prochaine tempête?


1558 - Une lettre de M. de Cotarel à la Comtesse Barbe d'Amboise (alors à Paris)

Pluie et vent : les Chamoyards ont toujours dû se soucier des arbres qui tombent plus ou moins vite dans les ruisseaux et font barrage.
12 janvier 1558
Le nant de Montendry n'a point fait d'alarme depuis votre départ; cependant je le ferai vérifier dès que je serai là-bas et je ferai visiter les bois par le procureur.

http://www.chamoux-sur-gelon.fr/sites/chamoux/files/documents/33_lettres_de_m_de_cotarel_a_barbe_d_amboise_0.pdf


1559 - Autre lettre de M. de Cotarel à la Comtesse Barbe d'Amboise (toujours à Paris)
Le vent encore, en tempête
18 mai 1559  
Je suis parti suivant votre commandement pour aller à Chamoux porter les lettres à Madame la Balline, et  nous  sommes  allés  voir  vos  aménagements  qui  avancent  toujours  quelque  peu ainsi qu'il plaît à Dieu, car le vent y a causé quelques dégâts durant deux jours tant aux toitures qu’aux arbres et aux tonnelles du jardin. On fait bonne diligence pour redresser le tout au mieux qu’il sera possible, en attendant votre présence.
Il  n'y  a  personne  par  ici  qui  n’ait  eu  sa  part  aux  dommages :  même  les  bourgeons  ont  été  brisés  et rompus.
Et  il  est  arrivé  des  choses  étonnantes :  les  deux portes  d'une  des  chambres  du  château  se trouvaient fermées par dedans au verrou et celle du [côté] des eaux rompue.
On estime à cinquante écus au moins les dommages et les réparations qu'il faut faire.

http://www.chamoux-sur-gelon.fr/sites/chamoux/files/documents/33_lettres_de_m_de_cotarel_a_barbe_d_amboise_0.pdf


1740 - notes de Pierre-Louis Dichat, curé à St Pierre d'Albigny
Les inondations
Nota
décembre 1740
Il est arrivé dans ce mois, c'est-à-dire depuis le vinctième une inondation si grande que presque toute la plaine a été couverte d'eau, tous les batteaux du port de Grésy, Freerive et Paux ont été emportés, et cette inondation a été générale dans l'Europe, ainsy que les nouvelles publiques l'ont marqué.

ADS Registre paroissial  St-Pierre d'Albigny cote 4E419 - 1740-1753 page 10/99


1756 - INTEMPÉRIES
La pluie, le froid (courants et catastrophiques au XVIIIe siècle, ils sont un des facteurs révolutionnaires)
Nota que la nuit du 17e au 18 avril de l'année 1756 la gelée gattat toutes les vignes de la Savoye, et les noyers, qui pour lors se trouvaient déjà fort avancés, il n'y eut pendant l'automne aucune récolte de vin et de noix, à peine put-on retirer les bleds dont la récolte se trouvait assez modique, ç cause de la grande quantité de pluye qui faisait germer le grain dans les épis; le vin cependant ne manqe point dans la Savoye si, en vient une grande quantité du Languedocq qui se vendrait à raison de douze sols le po
t.

ADS Registre paroissial  St-Pierre d'Albigny cote 4E420 - 1753-1768 page 2/149


1997 - Une tempête sur la Combe
Le vent toujours

Jeudi 18 décembre 1997  - Des rafales dépassant 130 km/h

Plus de cent toitures ont été endommagées, jusqu'à 1 500 foyers ont été privés d'électricité dans le département, mais aucun blessé n'était signalé. Les dégâts les plus importants ont été constatés à Chamoux-sur-Gelon, tandis que d'autres communes comme Bourg-Saint-Maurice, Aiguebelle, La Chambre, Le Bourget-en-Huile et Challes-les-Eaux étaient également touchées. Hier soir, la météo annonçait que le vent ne faiblirait pas avant ce matin.

(…) A l'écart des habitations, Joseph observe le triste spectacle d'une caravane, pulvérisée par le vent qui l'a retournée à plusieurs reprises. "Elle était neuve, il y a une heure encore" s'amuse Luc, de l'école de parapente Pégase. Il a beau plaisanter, sa propre voiture se trouvait dans la même remise que la caravane. Une remise qui s'est, en partie, effondrée dans la nuit. Lui-même occupe la maison juste à côté, avec Patricia et Pierre, le moniteur de parapente. Pour eux ia nuit a été blanche. Ils entendaient le toit bouger et ressentaient la force exercée par le vent sur la structure du bâtiment. (…) La tête protégée par un casque, Pierre mesure la vitesse du vent. Plus de 130 kms/heure, lors de certaines rafales. "C'est la Lombarde" affirme-t-il en connaisseur. D'autres y voient un effet de Foehn. Mais qu'importe le nom : la constance et la force du vent impressionnent. « Et dire qu'on développe le parapente ici parce que la vallée est à l'abri des vents météorologiques!"

Si aucun des commerces ou des services de Chamoux n'a ouvert ses portes - que faire sans électricité ? -, les habitants sortent encore, avec mais beaucoup de prudence.
(…) Avec le capitaine Vignoud, du centre de secours de Saint-Pierre d'Albigny, [Jean-Michel Bouvier, le maire de Chamoux,] fait l'état des lieux à la mi-journée : dix toits emportés, peut-être une centaine plus ou moins endommagée. "Pour l'instant, nous nous contentons de recenser les dégâts et d'inciter les gens à la prudence" explique le capitaine. Tant que le vent souffle à cette vitesse, il est hors de question de faire monter quiconque - pompier ou charpentier - au sommet d'une maison. Les pompiers interviennent tout de même lorsqu'une route est bloquée par la chute d'un arbre, ou pour tenir le public à l'écart des endroits trop dangereux. Mais où est-on vraiment à l'abri lorsque des plaques de tôle peuvent s'arracher à tout moment. Portées par le vent, comme des feuilles de papier, elles prennent une vitesse redoutable.

Si Chamoux-sur-Gelon, s'est manifestement trouvée au centre de la tempête, elle n'est pas la seule commune touchée. En fin d'après-midi, Jean-Claude Breton, responsable technique de l'E.D.F. en Savoie, estimait à 1 500, le nombre de foyers du département ayant eu a subir des coupures prolongées d'électricité. (…) À Chamoux-sur-Gelon, l'électricité est revenue aux alentours de 17 heures. Le centre de parapente comptant parmi les constructions les plus exposées, son toit a été arrimé avec des câbles. Mais, les trois occupants de l'école n'envisageaient pas d'y dormir et avaient trouvé refuge ailleurs. Car la météo n'annonçait rien d'encourageant avant ce matin.
De nombreux habitants de la commune s'apprêtaient à passer leur deuxième nuit sous la tempête.

Dauphiné Libéré, Jeudi 18 décembre 1997, extraits