Montranger

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Chapelle St-Joseph-St-Grat Montranger

Chapelle de Montranger - photo A.D. / CCAPourquoi St-Grat ?
Deuxième évêque du diocèse d'Aoste dont il est le patron, confesseur, iI est honoré dans les Alpes pour avoir rapporté la mâchoire de Saint Jean-Baptiste dans la cathédrale d’Aoste au cinquième siècle.

Très vénéré par les agriculteurs, il est considéré comme le saint protecteur des céréales, contre les insectes, les taupes et les intempéries. Il est invoqué pour la protection du bétail, des récoltes et des vignes.

Cette chapelle est présente sur la Mape  de 1732, et sur le cadastre 1882, sans vocable.

Un document érudit (non signé) déposé aux Archives diocésaines, affirme : La chapelle du village de Montranger date de 1650. Elle a été fondée par les honorables Laurent, Paul et André, frères, enfants à feu honorable Claude Perrier, de Montranger, paroisse de Chamoux. Approbation de l'évêché : 12 messes seront dites chaque année, dont une pour la fête de St Joseph, et une pour la fête de St Grat, à condition qu'elles ne pénalisent pas la messe à l'église de Chamoux.

Elle apparaît dans les comptes-rendus de visite des évêques :

en 1689, dans le compte-rendu d'une visite pastorale : "chapelle au village de Montranger, sous le vocable de St Joseph et de St Gras.
Elle a de revenu cinq seytorées en prés lieudit 'En [?]',tant aux lieux appelés "aux terres de [Muffans ?]' que dans les prairies de Barouchat, et quinze florins de cense annuellement dus par le Sieur Didolet, avocat du Sénat, pour le principal de trois cents florins.
Ladite chapelle est en bon état, et suffisamment garni
e. v.s."

En 1729, le Tabelle-minute précise : à Montaugier (sic), la chapelle St-Joseph et St-Gras est propriété ecclésiastique. (parcelle n°228 de la Mappe ; la chapelle "fait" 32 m2)

En 1780, le recteur en place (un chanoine d'Aiguebelle), démissionne, et meurt. Rd Sébastien Antoine Brunier est nommé (en 1783), sur proposition de Pierre Feyge, patron de la Chapelle, héritier de Demoiselle Jeanne Didollet. (voir Textes à l'appui 1780, 1783)

Cependant, en 1817, c'est bien la famille Perrier qui vend diverses parcelles qui dotent la chapelle aux Vernier, à charge d'entretenir la chapelle.

En 1837, les biens de la chapelle changent encore de mains.

Souvent oubliée dans les visites pastorales (les chemins n'étaient pas faciles, le programme était chargé, les évêque craignaient-ils de faire cette escapade supplémentaire ?) la chapelle est citée en 1850 :
"Il existe dans cette paroisse deux chapelles rurales:
Montranger. La fresque des frères Avondo en façade Photo A.D / CCA1- celle de N.D. des Grâces
2- celle de St Joseph et St Gras située au hameau de Montranger : elle est pourvue de tout ce qui est nécessaire à la célébration du St Sacrifice de la messe, et elle jouit d’un revenu annuel de 5 Livres ; cette rente est aujourd’hui servie par [Jh.-Marie Cuiltel ?] et Antoine Tournafond.
"

La chapelle venait de se faire une beauté : à l'occasion du passage dans l'église des frères Avondo, fresquistes de la Valsesia, sa façade avait gagné une décoration ; Giuseppe et Lorenzo ont même signé et daté leur travail (sur le puits : Avondo, 1847). Ils ont peint Saint Grat, présentant non pas une mâchoire, mais bien la tête tout entière de Jean-Baptiste, gisant sur un plateau après sa décollation, selon l'imagerie traditionnelle.

Alors, comment comprendre ?
Le 29 mai 1856, le même évêque de Maurienne, François-Marie Vibert, note dans sa visite pastorale : "La chapelle rurale de Montranger qui a cinq livres de revenu et quelques messes fondées est entièrement délabrée."

A.Dh.


Sources bibliographique et iconographique :
notes érudites : Bibliothèque diocésaine de St-Jean de Maurienne, Fonds Chamoux. Sur les origines de la chapelle, l'auteur érudit cite ses sources : acte de fondation passé par devant Simon Bertrand, notaire. Mais où ? Un indice : les témoins habitaient Albiez-le-Vieux.
notice : Conseil général de Savoie

Visite pastorales : Bibliothèque diocésaine de St Jean de Maurienne
Tabelle minute : Plans cadastraux, A.D.S.

Photos A.D. / CCA


Pour les chercheurs : ressources à explorer

•  Cadastre général de : Chamoux-sur-Gelon. - Tabelle-minute (Cadastre primitif) de la commune de Chamoux, contenant les noms de tous les propriétaires ; par ordre alphabétique et indiquant, pour chacune des parcelles qui leur appartiennent, le numéro cadastral, le lieu-dit, la nature de culture et la contenance en mesures de Savoie et de Piémont. - Biens de noble Blanc, gouverneur de Miolans ; de noble Bazin ; des chapelles de Montranger, de Villardizier, de Saint-Gras, de Saint-Blaise, de Saint-Sébastien, de Saint-Jean, de Sainte-Catherine, du baron de Châteauneuf ; de la chartreuse de Saint-Hugon ; de la cure du Bettonnet ; de la cure de Chamoux ; de la cure de Villard- d'Héry ; des nobles Pierre et Charles du Villard ; des nobles Antoine et Louis-Hercule Degalis ; des nobles de Livron, Vincent de Lalée, Pierre de Mellarède ; du baron de Montfort ; de l’évêque de Maurienne ; du prieuré de Saint-Rambert ; du prieuré de Saint-Robert ; du marquis de Saint-Michel ; biens indivis entre les communes de Chamoux pour 2/3 et Bourgneuf pour 1/3 ; biens communaux du village de Montranger ; de la commune de Chamoux ; châteauvieux au-dessus de Chamoux ; chapelle de Notre-dame de Grâce. etc. Surface cadastrée de la commune : 3662 J. 112 T. 0P. en mesures de Savoie.
Dates extêmes :     1729 - ...
Cote :     C 2494 Cote à consulter:     4Num 250   Producteur :Bureau de la Péréquation générale et du cadastre Lieu :     Chamoux-sur-Gelon Comm.
Communicabilité :      Non

article L'excursion de Chamoux (24 juillet 1907) par Adolphe GROS.
in Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de la Maurienne, (1904, 1908)
1908, S. II, T. IV, 2e Liv., p. 54-65. - Cote (issue de la migration Alexandrie) :     PER762-13