1795 Inventaire

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Inventaire des biens meubles et immeubles de l'abbaye du Betton

Fin avril 1795, les autorités se réunissent dans les locaux de l'ancienne abbaye pour procéder à l'inventaire des biens : bâtiments, outils et mobilier. Les religieuses pouvaient apporter quelques meubles dans leur cellule, elles avaient été autorisées à partir avec. Cela n'explique peut-être pas l'état des cellules ou du linge par exemple. On sait peu de choses de l'église : le District était généralement plus intéressé par les métaux que par le mobilier, ou les œuvres d'art anciennes (souvent promises au feu)

"Revêtissement de l’inventaire des meubles et effets qui ont été remis au citoyen Thomas Heurteur ci-devant régisseur du Betton, ainsi que des denrées qui sont en son pouvoir.
        Fait
en contradictoire des citoyens François Arnaud-Goddet préposé de la part d’Antoine Picollet Receveur des Domaines et de Thomas Vagnon gardien dudit Betton en l’assistance de trois membres de la municipalité du Bettonnet.

Commencé le 10 et clos le 11 floral an 3e de la République française, une indble et démque par le juge de paix du canton de Chamoux à ces fins commis.

Teneur d’arrêté
Extrait du procès verbal du Directoire du District de Chambéry du 29 Germinal an 3 de la République française une, indivisible et démocratique, vu la pétition du citoyen Thomas Heurteur, ex régisseur de la ci- devant abbaye du Betton.

Le Directoire, oui le rapport et l’agent national, nomme en premier lieu le citoyen Thomas Vagnon, jardinier résidant au Betton pour gardien du ci-devant couvent dudit lieu, et des meubles, effets, fûtailles  et denrées y  existant,  et c’est sous le gage,  soit traitement de 200 livres par année ;  il aura en outre son habitation dans ladite maison, la jouissance du jardin sous numéro 213 de la marque du Bettonnet, l’usage des cours par indivis avec les fermiers ; et c’est à la charge qu’il passera soumission devant le juge de paix du canton  de Chamoux ; à ces fins commis  de veiller à la conservation tant des dits objets que des bois chênes  au Chaney dépendant de ladite abbaye, et de dénoncer avec exactitude les auteurs et complices des dégradations qui pourraient s’y commettre ; il donnera en même temps caution suffisante pour sûreté de ses engagements, laquelle passera aussi sa soumission par devant le juge de paix, après que la municipalité du Bettonnet en aura attesté la solvabilité par un procès-verbal dudit arrêté ; qu’il sera procédé par devant le même juge de paix au revêtissement de l’inventaire les meubles et effets  qui ont été remis  audit citoyen Heurteur ainsi que des denrées qui sont en pouvoir ; et c’est en contradictoire, tant de ce dernier  que du gardien qui se chargera

3° arrête qu’il sera procédé aussi par devant le même juge de paix à l’acte d’état  dudit ci-devant couvent du Betton et des bâtiments en  dépendant,  ainsi que des cuves,  pressoirs, futailles et autres objets qui devront être remis aux fermiers du Betton, en conséquence du bail qui leur a été adjugé en dernier lieu, aux [soins] des fermiers.
Et c’est par le moyen des experts qui seront nommés et convenus entre ceux-ci et le Receveur des Domaines au Bureau de la Rochette, ou à défaut de le […] d’office par ledit juge de paix qui en dressera le procès-verbal.
Toutes les dites opérations ci-dessus seront faites en contradictoire des intéressés, et du Receveur des Domaines au Bureau de la Rochette, ou d’un délégué de sa part, et en l’assistance d’un officier municipal de la commune du Bettonnet.
   Pour copie conforme, signé Gabet, Secrétaire

Teneur d’invitation
J’invite le citoyen François Arnaud-Goddet de paraître pour le Receveur des Domaines de la République de la Rochette par devant le juge de paix au revêtissement d’inventaire et autres objets ordonnés ci-dessus.
Rochette, ce 6 floreal an 3 de la République.
Signé [Porte] pour Picollet.

Teneur de pétition
Aux citoyens Maire et officiers municipaux de la Commune du Bettonnet, ensuite de l’arrêté du District du 29 germinal dernier portant que le juge de paix du canton  de Chamoux est nommé tant pour revêtir l’inventaire de [l’enregistreur], et charge le nouveau gardiateur des effets, meubles, futailles et denrées existant à l’abbaye du Betton, que pour prendre acte d’état des bâtiments, futailles et pressoirs, en contradictoire des nouveaux fermiers, des parties intéressées, et du Receveur des Domaines au Bureau de la Rochette,  de même que des experts à nommer à cet effet ; le tout en l’assistance d’un officier municipal de la commune du Bettonnet.
Le citoyen Heurteur invite de la municipalité de députer un de ses membres  pour assister à toutes les opérations portées par ledit arrêté, au moment où il sera averti par le juge de paix.
Betton. Le 6 floréal an trois de la République française.
Signé Thomas Heurteur

Teneur d’arrêté
Extraits des registres de la municipalité du Bettonnet,  l’an 3 de la République française, une, indivisible et démocratique, et le neuf floréal.
La municipalité du Bettonnet, dûment assemblée en Conseil général dans la maison destinée à tenir les assemblées communes, vue la pétition à elle présentée le citoyen Heurteur, par laquelle elle est requise de députer un de ses membres pour assister à l’acte d’état bâtiments, futailles et pressoirs de la ci-devant maison religieuse du Betton, auquel le juge de paix du canton de Chamoux doit procéder, après avoir oui, l’excusant, l’agent national absent, arrête qu’elle nomme pour  commissaire pour assister au dit acte d’état,  les citoyens Dominique Berthier, Joseph Genin, et Antoine Christin,  trois de leurs membres,  et c’est tant conjointement que séparément s’il y échoit, avec pouvoir d’agir dans cette circonstance comme si la municipalité paraissait en corps.
Ainsi arrêté, les an et jour susdits. Signé à l’original Dominique Berthier, maire ; Joseph Vignon excusant l’agent national ; les autres membres présents à la séance ; et par le soussigné secrétaire greffier. 
   Par extrait Simon Mollot, notaire.
   Par extrait conforme Jean-Antoine Valliend greffier.

Revêtissement
L’an 3 de la République française, une, indivisible et démocratique, et le dix floréal après midi,  au ci- devant couvent du Betton, commune du Bettonnet, nous,  Jean-Baptiste [Prallet], juge de paix du canton de Chamoux, savoir :
Faisons qu’en exécution du procès-verbal du Directoire du District de Chambéry du 29 germinal proche passé, et que nous avons fait [ténoriser] ci-devant pour faire corps au présent par Jean-Antoine Valliend notre greffier, nous avons fait procéder au revêtissement de l’inventaire y désigné comme suit.
Écrivant, le citoyen Joseph Valliend, que nous avons pris pour notre […] greffier. Et c’est en l’assistance de Thomas fils d’Hyacinthe Heurteur  né de Chambéry, habitant de ce lieu, de François Arnaud-Goddet feu Joseph, né  de La Trinité, habitant à  Villard-Léger, préposé de la part du citoyen Antoine Picollet Receveur des Domaines de cet arrondissement, à forme de son mandat du six du courant, aussi ci-devant ténorisé, des citoyens Antoine Christin notable, Dominique Berthier maire, et Joseph Genin  officier municipal de cette commune,  députés pour nous assister au fait du présent par procès-verbal de la municipalité du Bettonnet du neuf du courant,  aussi nés  et habitants de la présente commune ; ledit procès verbal aussi ci-devant ténorisé ;  et de Thomas fils de Jean-Claude Chaperon dit Vagnon, natif de Saint-Alban, district de Chambéry, aussi habitant du présent lieu.

Le dit Thomas Heurteur  nous a exhibé un extrait de l’inventaire des meubles, linges et effets  restant dans la ci-devant abbaye du Betton,  au bas duquel qui est en date  du 9 juillet 1793 vieux style, se trouve le chargé qu’en a fait le dit Thomas Heurteur le 16 juillet dite année 1793 avec Martin Savey, aux citoyens Berthollus et [Puget], commissaires députés par l’administration du District de Chambéry pour l’évacuation de ladite maison du Betton ;  le tout quoi est signé pour copie par lesdits Puget et Berthollus.
Après ce, il nous a représenté les meubles, effets et denrées ci-après, que nous avons inventoriés comme suit.

Premièrement :
quatre grands  bois de lit à rideaux, très usés par vétusté, sis paillasses, sept matelas,  cinq traversins, deux couvertes  d’indienne,  une dite [ ?], quatre chaises tapissées, trois fauteuils tapissés, le tout de médiocre valeur, deux chaises de paille donc il n’y a plus que le [ ?], deux mauvaises chaises de bois, cinq petites tables usées et en mauvais état ; une commode à trois tiroirs,  un prie-dieu, deux grandes encoignures sans serrure,  le tout de bon usage ; deux paires de chenets en fer, très usés par vétusté ; quatre mauvais tableaux usés par vétusté et de très mauvaise peinture ; un rideau de fenêtre moitié usé, trois petits mauvais cadres qui sont dans la chambre du ci-devant armoiries (sic) ;

dans la grille près de la cuisine il y a deux encoignures en noyer de bon usage, deux grandes tables en sapin, avec un pied seulement de bon usage,  deux chenets à pommeau de laiton moitié usés ; 19 assiettes, soit plats d’étain,  trois casseroles de cuivre, une cloche en [ ?],  trois poêles à frire, trois marmites, une marmite en cuivre soit chaudron, de seaux en cuivre, le tout de bon usage ; un bassin de cuivre très usé,  deux mauvaises tables en bois noyer, un (sic) écumoire de fer, un tournebroche,  un grand chenet en fer, un autre petit chenet aussi en fer, deux crémaillères avec un grand support en fer,  une [chaussette] en laiton, une petite bassine en cuivre,  le tout de bon usage ;  deux poêlons de laiton très usés,  deux poids à peser, un poids d’Aiguebelle et l’autre poids de Rochette moitié usés, un (sic) bassinoire de mauvais usage ; deux grands bancs de noyer de bon usage,  cinq serviettes très usées,  40 draps dont la moitié est déchirée et pour ainsi dire hors d’usage, et l’autre moitié usés ; 28 nappes dont la moitié est aussi déchirée et pour ainsi dire hors d’usage ;  et dans la [lessiverie] il nous y a été représenté de crémaillère en fer avec deux supports en fer de bon usage ;

dans la boulangerie il nous y a été représenté une grande arche de bon usage, une pétrissoire de noyer de bon usage et tous les ustensiles nécessaires pour le four ; dans le galetas du grenier et il nous y a été représenté une grande arche bois peuplier à tenir des noix de médiocre valeur, un éventoir pour le blé de bon usage. 

Et il nous a déclaré que dans le galetas du grenier il y avait un crible aussi pour le blé de bon usage qui est à présent entre les mains du citoyen Martin Savey  notaire à Coise (Coëse) qui a promis le rendre  en étant requis, deux petites cloches avec leur battant en airain ;

dans le grand galetas il nous il y a représenter une vieille armoire en noyer à deux portes et une vieille garde-robe en sapin le tout de mauvais usage ; 16 banquettes bois sapin de médiocre valeur ; 800 ardoises de médiocre qualité ; le surplus desdites ardoises dont ledit Thomas Heurteur était chargé a été employé pour le recouvrement du couvert du clocher fait à neuf, et pour les regotoyements des bâtiments de cette maison, ainsi que le dit Heurteur nous l’a déclaré.
Dans la sacristie il y a trois cloches avec leur battant, plus un autre battant de cloche ; 7 quintaux de fer, y compris deux grandes croix et une porte de fer faite en grille ; et les 7 quintaux de fer  sont poids d’Aiguebelle.

Dans la ci-devant église du Betton, il y a la dépouille du couvert du ci-devant clocher du Betton qui est toute en fer blanc, et les chenaux [versants] dudit clocher sont aussi en fer blanc que l’on n’a pu peser pour être tout lié ensemble six, et d’un grand volume, payant quatre morceaux ; le [poulet] et la boule du clocher et les chenaux à part, il y a encore un (sic) horloge en fer  monté à quart, demi, trois quarts et heures,  auquel  il manque le balancier qui a été volé lorsqu’on a démoli le clocher,  ainsi que le dit Heurteur nous l’a déclaré. 
Ledit Heurteur nous a encore représenté une doloire en fer servant aux [pressailles ?],  trois tonneaux cerclés  à quatre cercles de fer de bon usage.

Dans le [ti…age] à côté du grenier, il y a un grand pressoir de bon usage dont le manteau est hors d’usage, un cuvier servant au pressoir, et deux cuves, une à trois cercles de fer, et l’autre à deux ;

dans la cave attiguë à ce dernier membre il y a six grands tonneaux de quatorze charges l’un dans l’autre, à 6 cercles de fer l’un.

Dans la cave dessous la ci-dessus, il y a treize tonneaux tant grands que petis, contenant cinquante huit cercles de fer ;

dans l’autre pressoir il y a un grand pressoir avec son bassin en bois et son manteau, neuf cuves tant grandes que petites à trois cercles, et un tonneau à quatre cercles de fer.

Dans la cave au dessous de ce pressoir il y a douze tonneaux tant grands que petits à quatre cercle de fer ; ils ont évalué le vin contenu dans sept tonneaux dont quatre sont pleins à vingt-cinq charges, n’y ayant point d’autre vin au Betton .

Dans la bigaterie il y a une grande table avec son pied en sapin ; le pied de ladite table est en noyer, il y a soixante six planches bois sapin de huit pieds de long les unes sur les autres, treize échelles soit vingt-six pas à faire des vers à soie.
Ledit Thomas Heurteur nous a de plus déclaré qu’il ne lui reste pour tout denrée que cinq vaissels de froment.
Il nous a de plus représenté deux tours à filer la soie avec quatre roues, le tout hors d’usage et n’étant bon qu’à brûler.


Après ce, nous avons vérifié les titres et littérés (lettres) existant en cette maison du Betton et ceux qui nous ont paru être utiles, nous les avons mis dans deux petites cassettes que nous avons fermées et cachetées sur cire rouge du sceau de la municipalité de La Trinité ; et le surplus des autres totres qui nous ont paru n’être d’aucune valeur, nous les avons tous retirés dans un cabinet dépendant de cette maison du Betton, et appelé ci-devant les Archives. Nous avons dûment fermé ledit cabinet, scellé et cacheté la première porte dudit cabinet soit archives qui est en bois avec de la cire rouge, du sceau de la municipalité de La Trinité ; et parmi les susdits titres, nous y avons trouvé deux registres de mort, baptême et profession de religieuse des ci-devant Religieuses de cette maison ; lesquels registres contiennent, savoir : un, trente-cinq feuillets utiles, et l’autre trente-neuf feuillets utiles ; nous avons signé lesdits deux registres à la fin avec ledit Valliend notre secrétaire greffier et nous les avons remis aux susdits membres de la municipalité du Bettonnet députés pour nous assister au présent, qui s’en sont chargés.
Nous avons chargé des susdites deux petites cassettes cachetées et remplies de titres, le citoyen Thomas Heurteur qui a promis de les transmettre au Directoire du district.

Nous avons de plus chargé ledit Thomas Heurteur des susdites vingt-cinq charges de vin qu’il a promis de remettre à la manufacture d’armes de Chambéry à qui le vin est vendu, ensuite d’un arrêté de l’administration de ce district. Ledit Heurteur se charge de faire venir charger ce vin et de le faire mesurer en l’assistance d’un officier municipal  de cette commune, et de tenir compte de l’excédent dudit vin à Thomas Vagnon gardien de cette maison s’il y en a ; lequel Vagnon s’en chargera en l’assistance dudit officier municipal.

Et le surplus des autres meubles, effets et denrées décrits au présent ont été remis audit Thomas Vagnon qui s’en est chargé, et a promis de représenter le tout en étant requis, de même que George feu Joseph Veillard né et habitant d’Hauteville qu’il nous a donné pour caution par notre procès-verbal du dix du courant.
Et lequel dit Veillard  a passé sa soumission et a accepté ledit cautionnement  par notre procès-verbal de ce jourd’hui onze courant mois de floréal, qu’est le jour que nous avons clos le présent, en déclarant les dits Thomas Vagnon et George Veillard obliger pour le regard leurs biens sous la clause solidaire, avec la clause de constitut et renonciation aux bénéfices de division, d’ordre et de discussion.
En déclarant ledit Thomas Heurrteur que les susdits cinq vessels de froment qu’il a remis et dont nous avons chargé ledit Thomas Vagnon  ci-devant, il a entendu que ledit Chapperon Vagnon ne fût pas tenu à les représenter, à moins que le Disctrict ne l’y oblige, vu qu’il les lui a donnés pour nourrir provisoirement le nommé Laurent, ouvrier du Pontet, paralytique du côté droit de la moitié du corps, ancien domestique de cette maison où il demeure des plus de vingt-cinq ans, et lequel est sans fortune et sans parents, jusqu’à ce que ledit district ait prononcé à forme de la Loi sur son sort.
De quoi lesdites parties nous ont requis acte que nous leur avons accordé, de même que de la représentation et observation que lesdites parties nous ont fait qu’aux bâtiments non ascensés, et dépendant de cette maison du Betton, et dont ledit Thomas Chapperon dit Vagnon est gardien : il y a quelques gouttières et notamment sur les archives.
Le présent fait, clos et prononcé au susdit lieu du Betton  ce jourd’hui onze floréal, sur les cinq heures après midi, en présence d’Antoine Savey, né et habitant d’Hauteville, et d’André Geoffray, né et habitant de La Trinité, témoins requis.
En foi de quoi lesdits Thomas Chapperon dit Vagnon, George Veillard et André Geoffray ont fait leur marque sur le registre pour être illétérés, de ce enquis ; et les autres ont signé avec nous, Jean-Baptiste [Prallet] juhge susdit, et le présent a té contresigné par ledit sieur Joseph Balliend notre secrétaire greffier.
Enregistré La Rochette le 17 floréal an trois républicain.
Reçu vingt sols.
   Signé Tisset Vérificateur. Pour le Receveur.
    Par extrait conforme, Jean-Antoine Valliend greffier

Le citoyen Heurteur a transmis aux archives du district de Chambéry les deux cassettes renfermant les titres dont est parlé ci-devant, icelles dûment fermées et cachetées.
   Chambéry, ce 22 thermidor an 3e "

Janv-fév 2020 - Recherche et transcription ADh


Source:
AD073 cote 43F 520 - Dossier « abbaye de béton 1748–1793 »